Le viaduc du Gouët, situé dans la vallée séparant Plérin de Pordic, constitue un élément majeur du patrimoine industriel des Côtes-d’Armor. Cet ouvrage d’art, autrefois pilier du réseau ferroviaire départemental, est aujourd’hui une étape clé pour les randonneurs et les cyclistes parcourant la Vélomaritime.
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Un héritage ferroviaire signé Louis Harel de la Noë
L’histoire du viaduc du Gouët est liée à celle du « Petit Train des Côtes-du-Nord ». Au début du XXe siècle, le département crée un réseau de chemin de fer secondaire pour désenclaver les zones rurales et littorales. Pour franchir les vallées profondes de la région, le Conseil Général sollicite l’ingénieur Louis Harel de la Noë.

La naissance du réseau départemental
Construit en 1904, le viaduc du Gouët fait partie de la ligne reliant Saint-Brieuc à Paimpol. La construction de cet ouvrage permet aux locomotives à vapeur de traverser les coupures géographiques sans pentes excessives. Le viaduc maintient une altitude constante pour le convoi, évitant les détours par le fond de la vallée.
Le génie civil de type Grognet
Harel de la Noë utilise pour ce réseau des techniques de construction économes. Le viaduc du Gouët illustre la maçonnerie de type Grognet. Cette méthode emploie des matériaux locaux comme le granit et la brique, tout en adoptant une structure aérienne qui limite l’emprise au sol. L’ingénieur privilégie une structure filiforme et une répétition rythmique des arches pour intégrer l’ouvrage à l’environnement naturel.
Caractéristiques techniques d’un colosse de maçonnerie
Le viaduc impressionne par ses dimensions et sa robustesse. Il supporte le passage régulier de convois ferroviaires jusqu’à sa fermeture au trafic en 1956. Sa structure demeure un modèle d’ingénierie pour les observateurs d’ouvrages d’art.
| Caractéristique | Détail technique |
|---|---|
| Année de construction | 1904 |
| Longueur totale | 124 mètres |
| Hauteur maximale | 34 mètres |
| Nombre d’arches | 13 arches |
| Type de structure | Arches contreventées en maçonnerie |
L’élégance des arches contreventées
La particularité technique du viaduc réside dans ses arches contreventées. Les piles sont reliées par des éléments horizontaux qui assurent la stabilité latérale de l’ensemble. Cette technique affine les piles et donne au viaduc une allure de dentelle de pierre. Cette conception réduit la prise au vent sur ce plateau littoral exposé aux tempêtes bretonnes.
La résistance des matériaux face au temps
L’utilisation de la brique pour les bandeaux d’arches offre une souplesse relative par rapport au granit. Ce choix permet à l’ouvrage d’absorber les vibrations et les micro-mouvements de terrain. Après plus d’un siècle, la structure conserve une résilience élevée. Les travaux de restauration récents se concentrent sur le rejointoiement des maçonneries et l’étanchéité du tablier pour protéger l’ouvrage des infiltrations d’eau.
De la friche ferroviaire à la renaissance touristique
Après l’arrêt des trains, le viaduc du Gouët connaît une période d’abandon. Longtemps interdit d’accès pour des raisons de sécurité, il est préservé grâce à une volonté de valorisation patrimoniale.
2010 : le renouveau pour les mobilités douces
La réouverture du viaduc en 2010 transforme l’usage de l’ouvrage. Le tablier est aménagé pour accueillir les piétons et les cyclistes. Cette réhabilitation valorise le patrimoine industriel en transformant un ancien axe de transport lourd en une voie verte. Le franchissement de la vallée devient accessible à tous.
Le promeneur sur le tablier profite d’une perspective unique sur les strates de végétation et les méandres du cours d’eau. La courbure de l’ouvrage focalise le regard sur la vallée. La structure crée un trait d’union entre deux plateaux, modifiant la perception de cet espace autrefois infranchissable.
Une étape de la Vélomaritime
Le viaduc du Gouët est un maillon de la Vélomaritime (EuroVelo 4), itinéraire cyclable reliant Roscoff à Kiev. Pour les cyclotouristes, le passage sur le viaduc permet d’éviter la descente au fond de la vallée. L’aménagement large et sécurisé par des garde-corps modernes permet aux familles de circuler sans gêne.
Itinéraires et conseils pratiques pour découvrir l’ouvrage
L’accès au viaduc du Gouët est possible pour les marcheurs et les curieux, que ce soit depuis le tablier ou le fond de la vallée.
Accès depuis la plage de Tournemine et sentiers de randonnée
Le départ depuis la plage de Tournemine à Binic-Étables-sur-Mer permet de rejoindre les hauteurs de Pordic par les sentiers balisés. Le viaduc se dévoile progressivement à travers les arbres. Un autre accès est possible depuis le centre de Plérin via les anciennes voies ferrées transformées en chemins de randonnée. Ces parcours plats conviennent aux sorties dominicales.
Points de vue photographiques et observation de la biodiversité
Pour la photographie, le début de matinée ou la fin d’après-midi offrent une lumière rasante qui souligne le relief des briques. Descendre par les sentiers escarpés jusqu’au pied des piles permet de mesurer la hauteur de 34 mètres. La vallée du Gouët constitue un réservoir de biodiversité. En traversant le viaduc, il est possible d’observer des buses variables ou des faucons crécerelles utilisant les courants thermiques. La végétation environnante évolue au fil des saisons, offrant un paysage varié.
La distance de marche depuis les parkings les plus proches est d’environ 1,5 km. La difficulté est faible sur le tablier et modérée pour descendre dans la vallée. Des chaussures de marche sont conseillées en dehors de la voie bitumée. Le tablier est accessible aux personnes à mobilité réduite et aux poussettes.
Le viaduc du Gouët relie deux rives et deux époques. Témoin de l’ouverture de la Bretagne par le rail, il incarne aujourd’hui un tourisme durable. Passionnés d’histoire, amateurs de prouesses techniques ou promeneurs, le site offre un panorama sur la vallée et une immersion dans le patrimoine local.



